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Mis à jour le 09/02/2013

Les risques "phyto"

Les risques phyto, qu’ils concernent l’homme ou plus généralement le milieu naturel sont à considérer avec la plus grande attention ; accidents d’utilisation, maladies professionnelles, pollution, mauvaise gestion des déchets, dégradation de l’image de l’entreprise ou du service espaces verts sont autant de conséquences à une mauvaise application des consignes de sécurité.
Gérer les risques phytopharmaceutiques c’est mettre en place les protections collectives et individuelles ainsi que les bonnes pratiques permettant de répondre efficacement à la protection du personnel, à la réglementation et, par conséquent, aux exigences de la certification "phyto".

puceTitre.pngLes risques

La gravité du risque "phyto" dépend de deux facteurs :

puceSStitre.pngLe danger : plus le produit est dangereux, plus le risque d’intoxication est grand ;
puceSStitre.pngL’exposition : Plus l’exposition sera longue ou fréquente, plus le risque de contamination sera important.

La combinaison de ces deux facteurs augmente le risque d’accident grave.

Risque = Danger X Exposition

Pour mesurer le risque encouru par les salariés il est donc nécessaire :

puceSStitre.pngde connaître les effets des produits sur la santé ;
puceSStitre.pngd’évaluer les activités liées à la manipulation des produits "phyto" afin de connaître les pratiques ainsi que les temps et fréquences d’exposition.

Pour connaître les effets sur la santé il est possible de se référer aux pictogrammes et phrases de risque obligatoirement présents sur l’étiquette du produit. Ceux-ci indiquent le danger encouru, sa gravité mais aussi le taux de certitude sur la dangerosité de la substance active.

Evaluer les durées et fréquences d’exposition nécessite une analyse de terrain et une bonne connaissance des pratiques mises en place par les opérateurs ; périodicité des traitements, liste, dimension et durée des chantiers, savoir qui réalise les traitements et avec quels produits ? quelles sont les phases les plus à risque lors de la manipulation des produits ou des activités connexes.

Si la meilleure analyse est toujours celle qui est réalisée sur le terrain par les opérateurs, il reste néanmoins possible d’établir une liste des situations les plus préoccupantes :

puceSStitre.pngStockage des produits "phyto" ;
puceSStitre.pngManipulation des produits, chargement et transport dans le véhicule ;
puceSStitre.pngPréparation de la bouillie, réalisation des dosages et remplissage de la cuve ;
puceSStitre.pngTraitement des sols ou des végétaux ;
puceSStitre.pngNettoyage du matériel et des EPI ;
puceSStitre.pngInventaire et rangement des produits et du local ;
puceSStitre.pngManipulation des ustensiles de dosage et maintenance du matériel.

Ces situations à risque peuvent être aggravées par :

puceSStitre.pngDes conditions climatiques (vent, température élevée, fort ensoleillement)
puceSStitre.pngDes accidents (circulation routière, renversement de produit, débordement de cuve)
puceSStitre.pngDes pannes de matériel (fuite, buse colmatée)
puceSStitre.pngMéconnaissance des dangers des produits "phyto" par les opérateurs

puceTitre.pngLes conséquences sur l’homme

Les dangers pour les opérateurs en charge de la réalisation des traitements :

Les voies d’agressionLes causesLes effets
yeux Par projection, éclaboussures,
Par contact avec les mains souillées
Irritations, brûlures
perte de la vue
Muqueuses Par projection, éclaboussures,
Par contact avec les mains souillées
Irritations
Brûlures
Intoxication
Respiratoires Par inhalation des poussières, des vapeurs ou des produits pulvérulents Brûlures
Intoxication
Digestives Par ingestion accidentelle Brûlures
Intoxication
Cutanées Par contact direct avec le produit "phyto" ou des objets souillés ;
Par projection
Irritation
Brûlure
Allergies
Transfert du produit dans le sang à travers la peau et atteinte de n’importe quel organe du corps,

Certaines personnes sont plus vulnérables :

puceSStitre.pngLes jeunes de moins de 18 ans
puceSStitre.pngLes femmes enceintes
puceSStitre.pngLes personnes immunodéprimées
puceSStitre.pngLes personnes allergiques

Les salariés chargés de l’application des produits phytosanitaires font partie des personnes à risque nécessitant une visite médicale professionnelle chaque année.
Dans ce cadre le médecin du travail doit être informé de cette activité pour valider la fiche d’aptitude.

puceTitre.pngLes conséquences sur le milieu naturel

puceStitre.pngEvolution des produits dans l’environnement

Selon leurs caractéristiques, les produits phytopharmaceutiques ayant été appliqués sur le terrain subissent les évolutions suivantes :

puceSStitre.pngEntrainement par le vent ;
puceSStitre.pngVolatilisation sous l’effet de la chaleur ;
puceSStitre.pngRuissellement et entrainement vers les points d’eau ;
puceSStitre.pngInfiltration dans le sol et migration vers les nappes phréatiques ;

Certaines molécules sont détruites pas la photo-décomposition (action de la lumière) et la bio-dégradation (action des organismes vivants du sol) d’autres ont une plus longue pérennité et auront une action polluante sur les sols et l’eau durant plusieurs années.

Cette toxicité dans le temps sera fonction :

puceSStitre.pngDe la solubilité de la substance active ;
puceSStitre.pngDe sa volatilité ;
puceSStitre.pngDe son coefficient de partage carbone organique / eau (KOC) ;
puceSStitre.pngDe sa demi-vie (DT50 ou durée nécessaire à la réduction de 50% de la quantité initiale de substance) qui indique sa vitesse de dégradation.

puceStitre.pngPollution des sols et du sous sol

Les sols présentant un fort taux d’humus et d’argile peuvent capturer les substances "phyto" et ralentir la pollution des eaux souterraines. Par contre, la pollution se concentre dans leur couche arable avec un fort risque de toxicité pour les plantes (cas des herbicides) et pour les organismes du sol (cas des insecticides).
A l’inverse, les sols très sableux ne retiennent pas les substances "phyto" qui s’infiltrent rapidement en profondeur.

puceStitre.pngPollution des eaux de surface et des nappes phréatiques

La pollution diffuse des eaux est due à l’infiltration des substances "phyto" dans le sol. Un des moyens de lutte contre cette pollution est le respect des Zones Non Traitées (ZNT).
L’arrêté du 12 septembre 2006 indique que la largeur des bandes laissées sans traitement au bord des points d’eau sera de 5, 20, 50 ou 100 m selon les produits.
Si aucune ZNT n’est mentionnée sur l’étiquette, il faut respecter une distance minimale de 5 mètres.

Exemple de stockage de produits "phyto" néfaste pour l’homme et l’environnement - Photo Paysaguide.com

Les points d’eau concernés sont :
Les cours d’eau, les plans d’eau, les fossés, les points d’eau permanents ou intermittents figurant en points, en traits continus ou discontinus sur la carte IGN au 1/25 000 la plus récente.
La substance "glyphosate" fait l’objet de mesures spécifiques visant à limiter les concentrations selon la perméabilité des sols.
Le désherbage chimique des fils d’eau, caniveaux abords des avaloirs est aussi à proscrire.

Une pollution ponctuelle des eaux peut apparaître en cas de non respect des Bonnes Pratiques Phytopharmaceutiques (BPP) : renversement de bidon, rinçage de pulvérisateur dans un avaloir, remplissage de pulvérisateur directement dans un cours d’eau.
Les formations obligatoires liées au certificat individuel devrait tendre à faire disparaître ces pratiques dues à la méconnaissance des dangers des produits "phyto".

puceStitre.pngPollution de l’air

Les pollutions de l’air proviennent des produits très volatiles qui, utilisés par forte chaleur, s’évaporent. Il est préférable de choisir des substances peu volatiles et de traiter le soir après les fortes chaleur.
Les traitements en période de vent peuvent eux aussi générer des pollutions de l’air. Il faut cesser de traiter lorsque la vitesse du vent dépasse les 12 km/h ou 3 degrés Beaufort.
Pour limiter ces pollutions, il est aussi préférable d’équiper les rampes de pulvérisateur avec des buses anti-dérives.

puceStitre.pngAtteinte au végétaux cultivés

Ces dégradations font suite à des non respects des bonnes pratiques phytopharmaceutiques :

puceSStitre.pngUtilisation d’une substance volatile par forte chaleur et apparition de brûlures sur les feuilles des arbres ;
puceSStitre.pngDésherbage d’allée en période de vent et migration de la substance sur le gazon proche ;
puceSStitre.pngTraitement fongique sur des arbres fruitiers en dehors de la période préconisée et phyto-toxicité sur le feuillage.

puceStitre.pngAtteinte aux insectes pollinisateurs et à la faune utile

Les abeilles sont sensibles à certains produits qui perturbent leur sens de l’orientation.

Les animaux sont contaminés par les substances phytopharmaceutiques. En ingérant leur nourriture, ils stockent les substances actives dans leurs graisses. Au fur et à mesure que l’on progresse dans la chaîne alimentaire, on constate une intoxication des animaux due à l’augmentation des concentrations de substances dans leur corps.

puceTitre.pngLes mesures de protection pour prévenir les risques

puceStitre.pngProtections collectives

Les protections collectives doivent toujours être privilégiées sur les protections individuelles.
Comment assurer dans ce cadre la protection des salariés, la protection des usagers des parcs et jardins et celle de l’environnement naturel ?
- En respectant la réglementation en vigueur ;
- En assurant une formation continue au personnel "décideur" et/ou "applicateur" ;
- En achetant les produits les moins dangereux pour la santé et pour l’environnement ;
- En possédant les Fiches de Données de Sécurité à jour ;
- En organisant les chantiers pour éviter la co-activité avec d’autres salariés, ni informés, ni protégés.
- En ne traitant que si cela est nécessaire et en développant des méthodes alternatives au traitement ;
- En assurant une veille réglementaire et technique de cette activité : Local normalisé, bonnes pratiques "phyto", maintenance du matériel, gestion des déchets...

puceStitre.pngProtections individuelles

Pour faciliter le port des Equipements de Protection Individuelle (EPI) il est utile de mettre en place des consignes écrites rappelant l’importance de leur utilisation mais aussi les procédures de nettoyage, de rangement et de transport de ces EPI.
Les EPI sont les derniers moyens de protection dont dispose l’opérateur pour limiter les risques de contamination.
Veillez à ce que les EPI portent le logo qui précise la bonne efficacité vis à vis des produits chimiques.
Logo sur EPI "produits chimiques"


- Lunettes ;
- Masque de type A2P3 ;
- Combinaison de type 4 ou 3 ;
- Gants en nitrile ;
- Bottes de sécurité en nitrile ;

Dans le cadre des mesures pour prévenir la pénibilité au travail il est obligatoire de tenir à jour quotidiennement un suivi individuel d’exposition retraçant : le produit employé, la substance active, le temps d’exposition, les quantités utilisées, les accidents et problèmes rencontrés (projection, malaise, renversement de produit...)

puceTitre.pngLes premiers secours et premiers soins

En cas d’intoxication liée à l’utilisation de produits chimiques, il faut respecter les consignes de bases : Protéger, Alerter, Secourir (PAS)

puceStitre.pngProtéger :

Identifier le danger pour le supprimer ou l’écarter dans le but d’assurer le protection du sauveteur, de la victime ou des tiers : Éloigner la victime des émanations de vapeur, isoler la zone dangereuse, stopper le matériel en fonctionnement...

puceStitre.pngAlerter :

Transmettre les informations nécessaires aux secours publics pour déclencher la "chaîne de secours".
Si possible se munir des FDS des produits concernés et contacter les numéros d’urgences : Samu (15), Pompiers (18).

puceStitre.pngSecourir :

Réaliser les gestes de secours adaptées à la situation en attendant l’arrivée des secours.
Pour ne pas faire pire que le mal cette phase nécessite d’avoir suivi les formations de Sauveteur Secouriste du Travail (SST).
Sachez toutefois qu’il ne faut pas faire boire le blessé (ni eau, ni lait). Ne provoquez pas non plus de vomissement.
En cas de contact avec la peau ou les yeux ; lavez immédiatement et abondamment durant 15 mn.

Dans le cas de malaise même léger ou d’irritation sans gravité, la victime doit consulter un médecin.
Par la suite, signalez les symptômes au médecin du travail et à Phyt’attitute (N° vert 0 800 887 887). Les témoignages ainsi recueillis permettent d’analyser les accidents et de proposer des solutions qui pourront s’appliquer à l’ensemble de la profession.

puceTitre.pngSources et liens

Mieux travailler.gouv -Fiche espaces verts

INRS - Mesures pour prévenir la pénibilité au travail

MSA - Phyt’attitude

Guide Phytopharmaceutique

Index Phytosanitaire ACTA 2013